*J'ai pas l'habitude de mettre des longs textes sur mon sky'ee, ça doit être le seul, mais celui là, je vous en pris, lisez-le.*
Cet après-midi a commencé d'une manière bien banale, un après-midi normal, comme tout les autres. J'étais avec 2 de mes amies (Josi et Émilie) on s'est couché a 6h tellement on a niaisé c'était comique!
On s'est levées a 11h et je reçois un sms de mon amie (Jemika) qui dit ''salut Daph!!J'ai mon nouveau char! Jpasse vous chercher, on va prendre une ride, ok?'' Donc je suis super contente et nous partons les 4 en voiture...
Entre Compton et Coaticook, Jem décide de prendre un beau petit chemin de campagne, il fait chaud, il fait beau. Je parle avec mimi... Après un moment, je sent que la voiture fais quelques zigzags sur la route... mon premier réflexe, je pense; ''calice jemika s'énerve astyh c dangereux a devrait pas faire de slalom...'' mais je me retourne et je vois mon amie qui essaie tant bien que mal de reprendre le contrôle de son véhicule... on roule à peine à 60 mais le chemin n'est que gravelle et petites roches... je suis convaincue que Jem va reprendre le contrôle et que tout ira pour le mieux mais tout espoir s'effondre lorsque j'aperçois le fausset qui s'approche, qui s'approche... encore et encore...
Tout se passe très vite mais je vois tout au ralenti... je suis certaine que nous allons atterrir sur les 4 roues et que ça finira ainsi mais non. Après quelques tonneaux nous retombons a l'envers dans la voiture...
Émilie parvient a se détacher et a sortir par la fenêtre de derrière qui est cassée... moi, je n'arrive pas à me déprendre, j'ai beau appuyer et appuyer encore sur la boucle de la ceinture mais elle me retient suspendue tête en bas... je fini tant bien que mal a me glisser et à sortir de la voiture... je me lève debout avec un soulagement... je ne ressent aucune douleur, tout va bien... je me dis ''ouf!! Je n'ai rien!!'' puis, tout se met à tourner autour de moi, je suis étourdie, je m'allonge sur le sol et une énorme douleur m'apparaît sur la hanche... ça enfle, ça enfle... et surtout ça fait tellement mal...
Je me retourne pour observer les différentes réactions de mes amies... Jemika est en pleine crise d'angoisse... elle pleure et répète ''j'suis tellement désolée les filles, j'm'excuse!! C'est ma faute!!'' et quelques fois même ''calice!! Mon char neuf!!'' Josiane pense à son père... on ne l'avais pas prévenu qu'on partait faire un tour... ''Il va tellement me tuer!! Oh mon dieu!!'' son bras est plein de sang mais c'est loin d'êtres aussi inquiétant que le sang qui recouvre le visage d'Émi...
Chacune des filles répètes sans cesse ''il faut appeler le 911'' mais les deux seules personnes a posséder un cellulaire sont moi et Jem... je regarde dans mon étuis à cellulaire... : rien. Il a du tomber pendant les tonneaux.... Jem n'arrive pas à trouver le sien non plus. Je m'inquiète tellement pour mes amies... en particulier pour émie qui est blessée à la tête. Puis, un homme apparaît en demandant ''est-ce que tout le monde est correct?'' nous répondons tant bien que mal que oui juste avant qu'il ne précise qu'il a déjà appelé une ambulance.
Quelques instants plus tard, les pompiers arrivent. Ils nous mettent des carcans... plus par prévention qu'autre chose... ils me posent des questions... mon nom, mon age, ou j'habite, qui sont mes parents... ou j'ai mal... ensuite, ils m'installent dans une civière et me transporte loin de mes amies ''par manque de place'' qu'ils ont dit...
Deux pompiers me font de l'ombre a laide dune grande couverture... il fait toujours aussi beau, toujours aussi chaud, mais rien ne vas plus. Un pompier vient me parler ''Daphnée?'' ''Oui?'' ''Est-ce qu'ils ont rejoint tes parents?'' je répond que je n'en sais rien et il sen va. C'est la qu'un autre pompier me demande ''est-ce que tu sais qui c'était?'' je répond que non et il demande si je veux le savoir, alors je répond oui et il dit ''Christian''. Lui, c'est mon oncle. Il est pompier... évidement j'était trop bouleversée pour me rendre compte que je lavais en face de moi...
Plus tard, il vient me dire que ma tante a rejoint ma mère pour l'avertir. Après une longue attente, les ambulanciers finissent par arriver. Ils m'installent dans un espèce de matelas cocon comme ils appèlent... tu te couche au centre et ça gonfle tout autour de toi, ça prend ta forme...
Ensuite, ils me glissent dans l'ambulance... quelques minutes plus tard, ils y placent Émilie aussi. Je suis tellement rassurée de lavoir près de moi, elle va bien. Ils prennent ma pression, et je me retrouve avec des collants sur le ventre et sur les clavicules: des électrodes. Pendant le trajet, malgré le masque d'oxygène qui se retrouve sur mon visage, je parvient à dialoguer avec Émilie... on parle un peu de l'accident... et l'ambulancier qui nous accompagne est très gentil, en plus, il est vraiment drôle. Bon ou mauvais? Mauvais. Chaque fois que j'éclate de rire je fini par hurler de douleur, ma hanche me fait vivre un vrai calvaire.
À un moment, il demande même au chauffeur de mettre de la musique... mais entendre ''thanks for the memories'', ''unwritten'' et plus encore dans cet état c'est loin d'être réjouissant... mais c'est quand même apaisant... Et rassurant. J'essuie les larmes qui coulent de moins en moins depuis mon arrivée dans le véhicule. Avant, c'était l'enfer, je revoyais sans cesse l'accident au ralenti, je n'arrivais pas à croire que ça m'arrivais à moi... je me revois sortir de la voiture, le souffle coupé a cause de la pression que la ceinture de sécurité faisait contre mon ventre. Elle a d'ailleurs laissé une longue marque qui part de sous mon nombril et se rend jusque derrière ma hanche gauche.
Une fois arrivée au CHUS, l'ambulancier annonce qu'il me sortira d'abord et qu'ensuite ce sera le tour d'émilie. Avant de sortir, j'entend sa petite voix me dire ''Daphnée?'' ''Oui?'' ''Je t'aime.'' Moi aussi, moi aussi je l'aime, je l'aime tellement. Juste ça, ça calme n'importe quelle douleur au monde, et ça empêche toute larme de couler.
On m'emporte dans une salle où on me retire mes pantalons, ma veste et mes souliers. J'attend un long moment avant qu'on vienne me transporter jusqu'en radiographie Ensuite, on me traîne jusque dans une autre chambre. Je ne peux pas parler aux autres, elles sont dans des salles différentes. Je n'ai rien d'autre à faire que d'attendre...
À un moment donné le frère de Jemika et sa copine viennent me jaser un peu, ça fait du bien de parler! Plus tard, c'est le chum de Jem qui vient faire son tour. Pauvre cocotte, elle culpabilise tellement. Mais pourtant, ce n'est pas sa faute, le chemin était en mauvais état.
Quelques heures plus tard, le médecin vient me dire que je n'ai rien et que je devrais m'en sortir avec quelques advils. Mon ½il! Au moment où je m'apprête à me lever pour la première fois de la journée, je me rends compte que ma hanche est une vraie torture. Voyant que je n'arrive pas à me tenir debout sans hurler de douleur, ma mère m'apporte une chaise roulante.
Enfin! Je peux voir mes amies. Je fais un tour dans leurs chambres pour leur dire au revoir. Jemika aussi a eu son congé, elle peut partir. Ce n'est cependant pas le cas d'Émilie et de josiane. Je quitte l'hôpital en constatant qu'elles vont tout de même bien mais sans savoir exactement le verdict final de leur docteur.
Pour les jours avenirs : repos. Le simple fait de mettre un tout petit peu de poids sur ma hanche, ou de changer de position me fait souffrir le martyre.
J'ai aussi très hâte d'avoir des nouvelles des autres filles. Cet accident nous a malgré tout rapproché. Cet accident a soudé des liens entre nous qui vont nous unir pour toujours. Nous avons vécu ensemble cet horreur... la vie a mis sur notre chemin cet obstacle et c'est ensemble que nous l'avons traversé.
Un accident, c'est si vite arrivé, pas besoin d'aller vite, pas besoin d'avoir bu. Il n'est pas non plus nécessaire qu'il implique des conditions météorologiques épouvantables ou un piètre chauffeur. Si nous n'avions pas toutes été attachées, nous aurions pu y laisser notre peau...
Il ne suffit que d'un instant, que d'une fraction de secondes pour tout changer.
Aujourd'hui, 11 juillet 2008, bien des choses ont changées.